Le miroir de l’enfant à notre enfant intérieur

Nous avons tous au fond de nous un enfant intérieur qui a été plus ou moins blessé par les aléas de la vie. Non seulement il a gardé des empreintes de cette vie présente mais également il a hérité du poids de l’héritage transgénérationnel de ses aïeuls et celui de ses vies antérieures. Lorsque nous voyons un enfant, nous pensons qu’il est vierge de toute souffrance, de toutes mémoires, nous nous trompons lourdement, cet enfant est dépositaire de plusieurs mémoires avec les loyautés, les croyances, les fausses-culpabilités, les auto-sabotages, les auto-sanctions…accumulés au fil du temps. Notre enfant intérieur est dans le désir de résoudre les problématiques qu’il n’a pas pu résoudre dans ces temps lointains. Il est en attente qu’une personne extérieure à lui lui fasse écho.

C’est pourquoi une professionnelle de la petite enfance peut éprouver plus de difficulté avec tel enfant et non pas avec tel autre. Elle peut se poser la question si elle a posé un geste non ajusté ou qu’elle a dit quelque chose qui aurait bloquer l’enfant dans sa résistance. La question est NON. Elle n’a rien fait qui puisse remettre son professionnalisme en question, il y a juste un lien-mémoire qui se joue entre elle et le bambin. Aucun des deux n’est conscient de ce qui se joue entre eux. Je me souviens d’une professionnelle qui ne pouvait ni approcher un enfant ni lui donner les soins sans en donner une explication rationnelle. Nous avons fait une séance pour lui permettre de se déculpabiliser et de réaliser que peut-être entre elle et le petit, il y avait une mémoire-fantôme qui se dévoilait. Je l’ai amené à accepter ses émotions et son sentiment de rejet sans se juger, ni juger l’enfant. A la fin de la séance, ses émotions étaient apaisées et ne ressentait plus d’animosité envers lui.

Le miroir de chaque enfant peut produire en nous un phénomène d’attraction ou de rejet. Comprenons alors que ce n’est pas lui l’enfant qui est responsable de nos ressentis, ce sont ses propres mémoires qui font écho aux nôtres. Nous devons en prendre conscience. Un enfant colérique ou « capricieux » peut nous révéler la personnalité de notre enfant intérieur et de ce fait nous rejetons cet enfant et donc nous rejetons notre enfant intérieur. C’est donc intéressant de nous mettre dans l’observation de nos ressentis lorsque rationnellement nous constatons qu’un enfant stimule en nous un phénomène inexpliqué de rejet ou d’attraction.

Avec bienveillance et douceur

Sabine-Hoa

 

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