Kezako ? Encore un nouveau terme psy ?

Un ODE, Objet à Décharge Emotionnelle, c’est un objet qui permet à l’enfant de décharger toutes ses tensions accumulées dans son corps suite à des frustrations successives, par exemple, le petit copain qui n’a pas voulu prêter son jouet ou qui refuse de jouer avec lui. L’enfant a un seuil très bas de tolérance, ses nerfs sont mis à rude  épreuve car il n’a pas la maturité émotionnelle requise pour prendre de la distance. Il veut tout tout de suite ! Et s’il ne l’a pas, il peut se mettre dans une rage instantanée ! Beaucoup de parents ne comprennent pas ses réactions qu’ils cataloguent de caprices. Ils ne comprennent pas que la frustration génère chez l’enfant une douleur corporelle en lui assez forte. A ses yeux, il est en danger s’il n’a pas ce qu’il veut. La frontière entre besoin et désir n’existe quasiment pas chez lui. Il désire donc il a besoin comme si sa vie en dépendait. Il fonctionne avec son cerveau archaïque et limbique. Son néo-cortex maturera avec le temps et étant accompagné par les adultes qui vont l’aider à réajuster ses émotions.

En travaillant dans les crèches, les directrices m’ont demandé des conseils pour palier aux morsures, griffures, arrachage de cheveux…Je leur ai proposé un ODE personnalisé. Chaque enfant avec l’aide d’un adulte construit son propre ODE. On lui explique son utilité et l’enfant met autour de cet objet des rubans de tissus ou autres. Cela fonctionne vraiment bien si les parents et professionnels de la petite enfance collaborent ensemble avec la participation de l’enfant. Une petite fille de deux ans allait mordre un jeune bambin suite à une dispute, des cris ont surgi et la directrice a offert immédiatement à l’enfant son ODE, qui l’a attrapé et mordu avidement. Cet ODE était un grand anneau de dentition paré de plusieurs morceaux de tissus multicolores. Le niveau du taux de morsures a vraiment diminué suite à cette action mise en place.

Un ODE peut être aussi une poupée en chiffon qu’enfant peut taper ou tirer les cheveux. Il peut évoluer selon l’âge de l’enfant. Cela peut être aussi un coussin pour déverser toute sa colère ou tristesse. A chacun d’y mettre sa créativité, d’observer l’enfant et de l’accompagner à choisir son ODE.

Il y a une différence entre doudou et ODE, même si les deux ont la même fonction. Le doudou est réservé exclusivement à sécuriser l’enfant, c’est son repère de sécurisation et de réconfort. L’ODE lui donne toute légitimité à décharger des émotions de type agressives. Autrefois un enfant qui criait, qui tapait ou qui mordait, on le battait pour qu’il arrête et qu’il se calme. Parfois on le mordait pour qu’il comprenne le mal qu’il avait fait. Cette solution est erronée car elle ne fait que renforcer sa frustration et son agressivité. On lui signifie par cette attitude que ses émotions sont interdites et de plus est, on l’identifie à une personne méchante et violente. L’enfant fonctionne en mode Bien/ Méchant. Donc il va s’identifier à cette projection parentale ou de l’éducateur et donc son estime de soi sera au plus bas ainsi que sa confiance en lui-même.

Dans la Communication Consciente et Bienveillante, l’enfant se réjouira de pouvoir exprimer ses émotions en toute légitimité et d’utiliser son ODE comme décharge émotionnelle. Il respectera ainsi son entourage et il se sentira respecté dans l’expression de sa colère.

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Avec bienveillance et douceur

Sabine-Hoa

Lorsqu’on travaille avec le monde des enfants, nous sommes souvent sollicités et nos nerfs sont mis à rude épreuves. En crèche, lorsque j’arrive pour observer les professionnelles, elles s’activent toutes pour répondre aux besoins des petits. Elles n’ont pas un instant pour souffler. L’un pleure car il a sommeil, l’autre crie pour obtenir de l’attention de celle-ci, un autre se dispute un jouet, tel autre a faim, bref parfois c’est une vraie cacophonie. Le taux sonore est élevé et la professionnelle emmagasine en elle chaque jour ce stress sonore. De ce stress se rajoute une vigilance de tous les instants pour prévenir d’une chute, d’une morsure, ou tout autre initiative malheureuse du bambin qui lui expérimente sans se poser une seule question sur sa sécurité.

L’enfant vit le moment présent comme une éternité. L’espace et les personnes qui le composent lui appartiennent, il ne fait qu’un avec eux. Tout est à ses yeux est là pour satisfaire ses besoins d’expérimentation et de bien-être. Il ne se rend pas compte de la fatigue accumulée tout au long de la journée chez la professionnelle ou de l’éducateur. Il est insatiable de sa qualité d’écoute et de présence. Ces professionnels risquent de rentrer dans le processus du burn-out s’ils ne se rendent pas compte de leur besoin de se ressourcer.

Le burn-out est un état d’épuisement total du système nerveux et physique de la personne. Elle a grillé toutes « ces cartouches » et n’a plus aucune énergie en elle. Son corps la lâche et son moral aussi. La dépression suit car la personne rumine ses échecs et ses incapacités. C’est une spirale descendante qu’il est préférable d’éviter. Seul un repos absolu et une hygiène alimentaire adaptée peuvent l’aider à remonter la pente douloureuse du burn-out.

Comment se ressourcer même si le cadre professionnel demande une constante vigilance et une rapidité de réponse ?

  • Prendre le temps de bien respirer profondément entre chaque acte posé
  • Se féliciter et s’encourager soi-même de temps à autre
  • Se poser certaines questions :

– Quel besoin (de reconnaissance, de repos, de se concentrer sur un seul acte, de calme …) n’est pas ou n’a pas été satisfait si je me sens morose ou énervé(e) ?

– Quelles sont les ressentis physiques et émotionnels dans mon corps ?

– Comment puis-je répondre à mon besoin immédiatement  ou plus tard ?

– Quelles sont les pensées que je génèrent sur moi et sur mon entourage quand je me sens dépassé(e), énervé(e) ?

– Est-ce de la critique ou des plaintes ?

– Quelles sont les activités créatives ou loisirs que j’ai en dehors de mon travail ?

  • Chercher une solution dans une vibration de bienveillance et de gratitude car si je renforce ma colère ou mon découragement par des reproches ou des critiques contre moi ou contre les autres, je ne fais qu’empirer mon mal-être et je renforce l’idée que je ne suis pas à la hauteur.

Il serait bon pour tous les professionnels reliés au cadre éducatif des enfants de posséder un carnet d’auto-empathie journalier. Chaque jour le professionnel se poserait les questions citées ci-dessus. Il écrirait 5 phrases d’encouragement, de reconnaissance. Il se parlerait de sa colère, de ses sentiments d’impuissance, d’injustice ou autre, il les déchargerait en frappant un matelas, crierait dans sa voiture ou trouverait un objet de décharge émotionnel pour exprimer toute sa rage.

Je conseille de noter chaque jour, les émotions qui perdurent et les pensées associées, de découvrir les besoins non satisfaits reliés à ceux-ci et d’y répondre avec attention et délicatesse. Par exemple pour un besoin de calme et de se retrouver aprèsle tumulte de la journée, vous pouvez trouver un endroit dans votre maison où vous rester seul(e) pendant un certain temps pour respirer calmement et/ou visualiser des beaux paysages ou des belles scènes, et/ou écouter une musique douce qui vous font vibrer.

Si chaque jour, vous êtes attentif à vos besoins et vous réussissez à les satisfaire à 70% alors vous éviterez tout burn-out, tout épuisement professionnel. Utilisez la Communication Consciente et Bienveillante envers vous-même le plus souvent possible, venez vous former si vous désirez cet outil puissant dans votre quotidien.

Avec bienveillance et douceur

Sabine-Hoa

Dernièrement j’ai écrit un article sur le regard de l’adulte posé sur l’enfant et toutes les projections qu’il y pose dessus consciemment ou pas. Aujourd’hui, je vais développer quel regard l’enfant pose sur les adultes. Pour qu’une communication soit efficace et aisée il est nécessaire de connaître le monde de l’Autre. L’empathie recommande vraiment cette attitude ouverte.

Les enfants évoluent à chaque âge. Leur regard évolue également. C’est seulement lorsqu’ils ont atteint une certaine maturité affective, un niveau de connaissance suffisamment élevé d’eux-mêmes que leur regard se stabilise et que leurs croyances deviennent des convictions et des actes. Selon le regard qu’ils ont reçu pendant l’élaboration de leur maturité, ils développeront soit des carences affectives, une estime de soi et confiance en soi basse soit bien au contraire ils seront des adultes autonomes et authentiques qui n’auront pas besoin de défendre une image d’eux-mêmes.

Le tout jeune nourrisson regarde sa mère comme son propre moi. Il ne distingue pas la différence, ni les frontières qui les séparent. Elle et lui sont UN, une union indicible et inséparable. Il est dans le fantasme de la fusion. Son regard est exclusif, il ne veut qu’une seule personne, sa mère, celle qui lui a donné la Vie, celle dont il est totalement dépendant; celle qui le nourrit et prend soin de ses besoins affectifs et physiologiques. Les Autres ne l’intéressent pas que par moment. Il peut ressentir de l’empathie envers un autre bébé qui pleure et pleurer aussi mais ça s’arrête là.

C’est pourquoi, la séparation d’avec la mère quand il doit aller en crèche ou en nounou pour X raisons (travail, maladie, divorce…) peut être difficile et douloureux. Il ressent un mal-être intérieur car son environnement a changé. Lui qui était au centre de l’univers va devenir un nourrisson parmi d’autres. Le choc peut être vécu plus ou moins mal selon son niveau de sécurité acquis et du niveau de projections de sa mère. Sa mère est-elle confiante envers les professionnels ? Est-elle prête elle-même de se séparer de son enfant ? Lui fait-elle suffisamment confiance dans sa capacité à se séparer d’elle ? L’a t-elle  prévenu de ce changement ? … C’est pourquoi il est nécessaire que la professionnelle soit attentive aux questions de la maman et y réponde en la sécurisant. Ce moment d’adaptation se fait avec la collaboration de ses parents.

Puis en grandissant, son regard se tourne vers les siens. Il va chercher le regard de reconnaissance de l’adulte, le regard d’encouragement. Il craint le regard désapprobateur de celui-ci, tout de suite, il peut se sentir rejeté. Par exemple deux enfants se disputent un jouet, ils vont regarder l’adulte pour qu’il appuie sa demande. Si le professionnel choisit l’un des deux protagonistes et donne la poupée à l’autre, il peut se jeter au sol et hurler son désespoir de ne pas avoir été choisi. Que se passe t-il en lui ? Il souffre de la blessure du rejet avec une carence de son besoin de reconnaissance. Que faire ? Ne pas donner l’objet ni à l’un ni à l’autre. Offrir une explication tranquillement et surtout considérer les besoins de chacun, les exprimer et leur proposer à chacun un câlin de compensation. 

En principe l’enfant comprend qu’il a été entendu dans son besoin de reconnaissance et d’affection et il se calme. Il a besoin d’être rassuré qu’il est « une personne que l’on voit et entend ». Par exemple lui dire : « je te vois, j’ai entendu ton besoin de jouer avec cette poupée, je vois que tu es en colère car tu préfères jouer seul(e), j’accepte ta colère, je l’accueille sans la juger,  tu vois aussi cet enfant, elle aussi elle a le même besoin que toi, comment faire alors ? Je vous propose de venir sur le tapis des émotions et d’exprimer toutes vos émotions, de vous faire un gros câlin pour sécher les larmes et ensuite, on va essayer de trouver un jeu où vous pouvez jouer ensemble ou seul(e) ». Offrir un choix, c’est de stimuler son libre-arbitre tout en respectant le libre-arbitre de l’autre enfant. La professionnelle entraîne les 2 enfants dans l’espace des émotions, ils peuvent exprimer leur colère ou tristesse sur un objet à décharge émotionnelle. Puis elle les amène à se réconcilier s’ils sont d’accord et à trouver un autre jeu.

La communication consciente et bienveillante mise en place dans ce type de situation est bénéfique car elle permet de résoudre les conflits dans la paix et surtout sur un long terme. Chez l’enfant l’apprentissage de la frustration demande la patience et de l’écoute. Il pourra améliorer son niveau de tolérance à celle-ci s’il se sent entendu et accepté malgré ses cris ou ses pleurs.

L’enfant va construire sa valeur de lui-même en fonction de son observation sur l’adulte et de son comportement. C’est un buvard à émotions et il a besoin d’aide pour trier ce qui est bon pour lui et ce qui est à évacuer. De 0 à 5 ans, l’enfant considère la toute-puissance de l’adulte sur lui. Il attend tout de lui.Il se sait vulnérable, fragile et impuissant. Son regard sera principalement axé sur une demande de sécurisation, de reconnaissance et d’affection.

Avec bienveillance et douceur

Sabine-Hoa