Les adultes peuvent voir l’enfant comme un modèle réduit d’eux-même. Certains ont simplement oublié qui ils ont été. Nous avons parfois la mémoire courte. Nous avons été tellement modelés par des systèmes sociaux-éducatifs, spirituels, politiques, par la culture de masse… que nous projetons sur l’Autre nos conditionnements sans vraiment en prendre conscience. Nous voulons transmettre à tout prix ces modèles en pensant qu’un enfant est un moule dans lequel on peut couler nos croyances, nos habitudes, nos comportements sans penser à un seul moment à son libre-arbitre. Un merveilleux cadeau offert par la vie. Nous-même nous désirons que l’on nous respecte dans notre libre-choix et pourtant nous n’avons parfois pas la même conception envers l’enfant. Soyons attentifs aux projections égotiques ou dus aux conditionnements que nous avons reçus.

Nous sommes également influencés par notre vécu personnel mais aussi par nos mémoires transgénérationnelles et d’autres mémoires venant d’un autre âge (vies antérieures). Celles-ci nous collent à la peau d’une manière inconsciente. Ce sont elles qui parfois nous mènent vers une destinée « non désirée » car nous sommes dans une loyauté inconsciente de ces messages venant de ces mémoires. Quels sont les messages de ce type de mémoires ? Cela peut-être un engagement à s’auto-punir car lors d’un passage sur terre, notre âme a vécu une expérience qu’elle n’a pas su assumer en pleine responsabilité, qu’elle a refusé d’assumer en conscience par crainte d’être rejetée, de souffrir ou de mourir. Si cela vient de nos aïeuls, c’est le même processus, c’est-à-dire, certains d’entre eux ont posé un geste contre eux-mêmes ou contre une autre personne et par la suite, c’est la descendance qui en hérite, et qui tentera soit de le perpétuer par loyauté soit d’être en opposition et donc s’affligera inconsciemment alors une auto-sanction pour se punir de ce geste posé par son ascendant. Une personne commet un acte délibéré nocif pour obtenir un avantage. Au fond d’elle, elle sait que ce n’est pas bien mais le désir est trop fort, comme chez les enfants. Après coup elle se culpabilise et si son égo est trop préoccupé à garder une image parfaite d’elle alors elle va refouler la voix de sa conscience et elle va créer en elle une coupure dans son âme. Plus elle va vouloir taire sa culpabilité, plus celle-ci va se manifester par des auto-sabotages qui vont se perpétuer d’âge en âge. C’est pourquoi, il y a des familles qui connaissent de génération en génération des mêmes phénomènes qui a leurs yeux restent inexpliqués. Pourtant en observant les synchronicités, on peut en conclure qu’il n’y a pas de hasard mais une explication originelle d’un acte non assumé en pleine responsabilité.

Revenons au regard que nous pouvons porter sur l’enfant, nous projetons en fait sur lui d’une manière inconsciente nos blessures inscrites dans notre âme. Nous pouvons vouloir lui faire revivre inconsciemment des événements que nous avons vécus, comme si au travers lui, nous allions résoudre ce que nous avions pas pu exprimer à ce moment. Ma mère a voulu à travers moi revivre une époque de sa vie. Elle m’a manipulée pour que j’accepte inconsciemment son jeu de mémoires. N’ayant aucune prise de conscience des enjeux qui se tramaient à mon encontre, j’ai fait ce qu’elle voulait. Ainsi elle a réussi à revisiter une partie d’elle au travers de moi. Cependant elle a vécu une double peine, c’est qu’elle a réussi pour la première partie de son scénario mais comme je n’étais pas tout-à fait « elle », je me suis rebellée et elle a perdu le bénéfice qu’elle escomptait avoir.

Je prends vraiment conscience que cet enfant devant moi est porteur lui aussi de mémoires et qu’elles peuvent être en interconnections avec les miennes. C’est pourquoi, je m’adresse aux professionnels reliés aux enfants d’être attentifs à ce paramètre. Non seulement nous pouvons avoir des projections purement égotiques sur l’enfant (il doit réussir là où je n’ai pas réussi ou au contraire réussir comme moi) mais aussi avoir des connections mnésiques transpersonnelles. L’enfant n’a pas à recevoir de notre part ce qui lui ne lui appartient pas. Son être est venu sur terre pour vivre sa propre évolution. Aidons-le au contraire à résoudre en lui ses conflits de loyautés de toute sorte. Prenons notre entière responsabilité pour régler nos propres conflits transgénérationnels ou autres.

L’enfant est celui qui est devant nous et c’est son énergie, son élan vital qui nous permet de progresser. Nous n’avons pas à le retenir par notre inconscience. Au travers de lui, c’est l’Univers qui nous amène à prendre conscience de son libre-arbitre. Posons sur lui un regard authentique, détaché de toute attente et de toutes projections induites par notre égo.

Avec bienveillance et douceur

Sabine-Hoa

 

 

Nous avons tous au fond de nous un enfant intérieur qui a été plus ou moins blessé par les aléas de la vie. Non seulement il a gardé des empreintes de cette vie présente mais également il a hérité du poids de l’héritage transgénérationnel de ses aïeuls et celui de ses vies antérieures. Lorsque nous voyons un enfant, nous pensons qu’il est vierge de toute souffrance, de toutes mémoires, nous nous trompons lourdement, cet enfant est dépositaire de plusieurs mémoires avec les loyautés, les croyances, les fausses-culpabilités, les auto-sabotages, les auto-sanctions…accumulés au fil du temps. Notre enfant intérieur est dans le désir de résoudre les problématiques qu’il n’a pas pu résoudre dans ces temps lointains. Il est en attente qu’une personne extérieure à lui lui fasse écho.

C’est pourquoi une professionnelle de la petite enfance peut éprouver plus de difficulté avec tel enfant et non pas avec tel autre. Elle peut se poser la question si elle a posé un geste non ajusté ou qu’elle a dit quelque chose qui aurait bloquer l’enfant dans sa résistance. La question est NON. Elle n’a rien fait qui puisse remettre son professionnalisme en question, il y a juste un lien-mémoire qui se joue entre elle et le bambin. Aucun des deux n’est conscient de ce qui se joue entre eux. Je me souviens d’une professionnelle qui ne pouvait ni approcher un enfant ni lui donner les soins sans en donner une explication rationnelle. Nous avons fait une séance pour lui permettre de se déculpabiliser et de réaliser que peut-être entre elle et le petit, il y avait une mémoire-fantôme qui se dévoilait. Je l’ai amené à accepter ses émotions et son sentiment de rejet sans se juger, ni juger l’enfant. A la fin de la séance, ses émotions étaient apaisées et ne ressentait plus d’animosité envers lui.

Le miroir de chaque enfant peut produire en nous un phénomène d’attraction ou de rejet. Comprenons alors que ce n’est pas lui l’enfant qui est responsable de nos ressentis, ce sont ses propres mémoires qui font écho aux nôtres. Nous devons en prendre conscience. Un enfant colérique ou « capricieux » peut nous révéler la personnalité de notre enfant intérieur et de ce fait nous rejetons cet enfant et donc nous rejetons notre enfant intérieur. C’est donc intéressant de nous mettre dans l’observation de nos ressentis lorsque rationnellement nous constatons qu’un enfant stimule en nous un phénomène inexpliqué de rejet ou d’attraction.

Avec bienveillance et douceur

Sabine-Hoa

 

Le monde émotionnel de l’enfant est un monde multicolore que l’enfant découvre au fur à mesure qu’il grandit. Au tout début, le bébé ressent les premiers besoins physiologiques de son corps. Il crie pour demander le sein. Il crie pour qu’on le change. Il ne sait que crier pour exprimer ses besoins primaires. Son expression corporelle se réduit à attirer l’attention de l’adulte pour la satisfaction immédiate de ceux-ci. Il gesticule, il babille, il cherche le regard…Son univers c’est la personne censée le satisfaire le plus rapidement possible. 

Si la personne en charge de ses soins ne lui correspond pas ou qu’elle ne crée pas un véritable lien avec lui, ses émotions vont aller en crescendo puis si cela perdure, peu à peu il va étouffer ses plaintes sonores pour finalement se résigner à son sort. Heureusement aujourd’hui toutes les structures de la petite enfance sont sensibles au monde émotionnel du jeune nourrisson et les professionnelles sont formées à répondre au besoin de lien que l’enfant exprime, surtout lorsqu’il est coupé du lien maternelle une partie de la journée s’il est en crèche.

A cet âge, son mode de réponse aux stimuli est soit l’attraction soit la répulsion. Soit c’est blanc soit c’est noir. Il n’y a pas de demi-mesure. Lorsqu’un enfant s’attache à une assistante maternelle ou à une professionnelle de la petite enfance , il peut être exclusif et vouloir éloigner les autres bébés pour obtenir d’elle un maximum d’attention. Il est fragilisé car il ne voit plus sa mère, alors l’intensité de ses émotions sont élevées. Il est nécessaire et confortable pour la professionnelle de bien en prendre conscience pour accueillir l’enfant dans sa demande mais en même temps l’amener progressivement à accepter les autres enfants en lui expliquant tranquillement qu’elle a aussi d’autres petits comme lui en charge. Elle peut lui dire aussi qu’elle peut lui consacrer à un moment donné dans la journée un temps rien que pour lui. Petit à petit il va accepter de partager et de prendre de la distance. Mais il est bon de lui répéter avec douceur et fermeté. L’enfant a besoin de répétitions et également de sentir qu’il n’est pas repoussé ou rejeter par elle. Il projette sur elle la maman qu’il ne voit plus.

En grandissant, il va apprivoiser ses émotions surtout si on les désigne, on les accueille sans jugement, sans réaction agressive. Il va de lui mettre associer telle situation provoque telle émotion. C’est grâce à l’espace des émotions instaurés dans certaines crèches, qu’il va aller à la rencontre de ses émotions et de pouvoir les exprimer pleinement en sécurité, soit en utilisant le coussin de la colère (qu’il peut taper ou jeter)ou un ODE, un Objet à Décharge Emotionnelle (un objet qu’il peut mordre, déchirer…).

Le monde émotionnel de l’enfant est riche et fluctuant. A un moment il peut rire et 5 secondes plus tard se rouler par terre de colère. A nous les adultes à ne pas nous laisser nous surprendre par cette vague soudaine émotionnelle. L’enfant n’a pas encore la maturité affective atteinte et lorsqu’il se sent soit en danger soit dans une forme de pouvoir, il réagit très vite dans les extrêmes car il a besoin d’être rassurer le plus rapidement possible et surtout de se savoir encore en lien avec l’adulte mêmes’il pique une colère ou qu’il pleure d’une manière excessive. C’est à nous les grands de mesurer leurs efforts de se contenir (frustrations à des désirs) et d’en évaluer leurs limites.

Avec bienveillance et douceur

Sabine-Hoa